Voyages

Oreilles bouchées après un vol en avion : comment les déboucher ?

Oreilles bouchées pendant ou après l'avion : pourquoi ça arrive à la descente, les gestes qui marchent vraiment pour les déboucher et quand consulter.

Voyageur assis en salle d'embarquement boit un verre d'eau à côté de sa valise, un avion visible derrière la vitre

L'avion amorce sa descente, et soudain le son devient cotonneux, une pression s'installe derrière le tympan, parfois jusqu'à la douleur. À l'arrivée, l'oreille reste bouchée, et l'on se demande si ça va passer tout seul. Dans l'immense majorité des cas, oui. Mais quelques gestes simples, faits au bon moment, permettent de l'éviter ou de la déboucher en quelques secondes, et certains signes doivent pousser à consulter.

Pourquoi les oreilles se bouchent en avion

Derrière le tympan se trouve une petite cavité remplie d'air, l'oreille moyenne. Elle communique avec l'arrière du nez par un fin conduit, la trompe d'Eustache, dont le rôle est d'équilibrer la pression entre l'intérieur de l'oreille et l'extérieur.

En avion, la cabine est pressurisée, mais pas au niveau du sol : la pression y baisse pendant la montée puis remonte pendant la descente. Tant que la trompe s'ouvre bien, l'équilibre se fait tout seul, par petits « clics » discrets. Quand elle s'ouvre mal, la pression de part et d'autre du tympan devient inégale, le tympan se tend, et l'on ressent :

  • une sensation d'oreille pleine ou bouchée ;
  • une audition assourdie ;
  • une douleur plus ou moins vive ;
  • parfois un léger bourdonnement ou un vertige passager.

Les médecins parlent de barotraumatisme de l'oreille, ou d'« aérotite » dans sa forme aérienne.

Pourquoi c'est surtout à la descente

À la montée, l'air de l'oreille moyenne se dilate et s'échappe facilement par la trompe : c'est rarement un problème. À la descente, c'est l'inverse, l'air extérieur doit rentrer dans l'oreille, et la trompe, qui fonctionne un peu comme une valve, s'ouvre plus difficilement dans ce sens. C'est pourquoi la gêne apparaît surtout dans les vingt ou trente dernières minutes du vol.

Les facteurs qui aggravent

  • Rhume, sinusite, allergie : la muqueuse gonfle et la trompe se ferme.
  • Enfants et bébés : leur trompe est plus courte et plus horizontale, elle s'ouvre moins bien.
  • Sommeil pendant la descente : on avale beaucoup moins souvent en dormant, donc la trompe s'ouvre moins.
  • Antécédents d'otites ou trompe naturellement « paresseuse ».

Déboucher ses oreilles : les gestes qui marchent

Du plus doux au plus actif, voici les méthodes à essayer. L'idée est toujours la même : ouvrir la trompe d'Eustache pour laisser passer l'air.

Méthode Comment faire Pour qui
Déglutir Avaler sa salive, boire de l'eau par petites gorgées Tout le monde
Mâcher, sucer Chewing-gum, bonbon à sucer Adultes et enfants en âge de ne pas s'étouffer
Bâiller Bâillement réel ou « forcé », bouche grande ouverte Tout le monde
Manœuvre de Toynbee Pincer le nez et avaler en même temps Adultes, grands enfants
Manœuvre de Valsalva Pincer le nez, bouche fermée, souffler doucement par le nez Adultes, sans rhume important
Tétée ou biberon Faire boire le bébé pendant la descente Nourrissons

La manœuvre de Valsalva, sans se faire mal

C'est la plus connue, et la plus mal pratiquée. Bouche fermée, on se pince le nez, puis on souffle doucement, comme pour gonfler légèrement les joues, jusqu'à sentir un petit « pop » dans les oreilles. On ne force jamais : un souffle brutal peut abîmer le tympan ou l'oreille interne. Si rien ne se passe après deux ou trois essais tranquilles, on passe à une autre méthode plutôt que d'insister.

Le bon timing

L'erreur classique est d'attendre d'avoir mal. Mieux vaut anticiper :

  1. Dès l'annonce de la descente, rester réveillé et se redresser.
  2. Déglutir, mâcher ou bâiller régulièrement, toutes les une ou deux minutes.
  3. Faire une manœuvre douce dès la première sensation de pression, sans attendre qu'elle s'installe.

Une oreille qu'on équilibre au fur et à mesure se débouche bien plus facilement qu'une oreille déjà très bloquée.

Et si l'oreille reste bouchée après l'atterrissage ?

C'est fréquent, et généralement sans gravité. La sensation disparaît le plus souvent en quelques minutes à quelques heures, parfois un jour ou deux après un vol difficile ou un rhume.

Pour aider :

  • répéter les déglutitions, bâillements et manœuvres douces ;
  • appliquer une source de chaleur tiède sur l'oreille (gant chaud), qui soulage la douleur ;
  • faire des lavages de nez au sérum physiologique si le nez est encombré ;
  • inhaler de la vapeur (douche chaude, bol d'eau chaude), qui aide les muqueuses à dégonfler ;
  • demander conseil au pharmacien pour un antalgique adapté.

À éviter : les cotons-tiges, les bougies d'oreille et tout objet introduit dans le conduit. Le blocage se situe derrière le tympan, rien ne peut l'atteindre par l'extérieur, et on risque surtout d'irriter ou de blesser le conduit.

Prévenir avant le vol

Si vous êtes enrhumé

C'est la situation la plus à risque. Quelques réflexes :

  • lavages de nez réguliers la veille et le jour du vol ;
  • demander au pharmacien ou au médecin si un spray décongestionnant nasal est adapté à votre cas, à utiliser en général peu avant la descente. Ces produits ont des contre-indications (hypertension, certains traitements, enfants) et ne s'utilisent que sur une courte durée : pas d'automédication à l'aveugle ;
  • en cas d'otite en cours ou de gros rhume avec douleur d'oreille, l'avis d'un médecin avant de partir est vraiment préférable.

Les bouchons d'oreilles spécial avion

On trouve en pharmacie des bouchons équipés d'un petit filtre qui ralentit les variations de pression dans le conduit auditif. Ils ne font pas de miracle, mais beaucoup de voyageurs sensibles les trouvent utiles, surtout en complément des gestes ci-dessus. On les met avant le décollage et on les garde jusqu'à l'arrivée au sol.

En voyage avec un bébé ou un enfant

  • Faire téter, donner le biberon ou une tétine pendant la descente, pas seulement au décollage.
  • Pour un enfant plus grand : une gourde, un fruit à mâcher, ou un jeu qui le fait rire et bâiller.
  • Éviter qu'il dorme pendant la descente, quitte à le réveiller doucement.
  • Un enfant qui pleure n'est pas forcément en difficulté : les pleurs font déglutir et aident à équilibrer la pression.

Et pour arriver reposé, pensez aussi à préparer la gestion du décalage horaire si vous changez de fuseau.

Quand consulter

La plupart des oreilles bouchées se règlent seules. Mieux vaut consulter un médecin, ou un ORL, si :

  • la sensation d'oreille bouchée persiste au-delà de quelques jours ;
  • la douleur est intense ou augmente au lieu de diminuer ;
  • un écoulement (liquide, sang) apparaît ;
  • l'audition baisse nettement, ou des vertiges persistent ;
  • de la fièvre s'installe, signe possible d'otite.

Un sifflement qui s'installe durablement mérite aussi un avis : c'est un sujet à part, détaillé dans notre article sur le bourdonnement dans l'oreille qui ne part pas.

FAQ

Peut-on prendre l'avion avec une otite ? C'est déconseillé sans avis médical : l'oreille enflammée équilibre mal la pression et la descente peut être très douloureuse. Le médecin dira si le vol est possible, éventuellement avec un traitement.

Le chewing-gum suffit-il ? Souvent, pour les personnes peu sensibles. Chez celles qui ont un rhume ou une trompe paresseuse, il faut en général y ajouter une manœuvre douce comme celle de Toynbee ou de Valsalva.

Les oreilles bouchées peuvent-elles abîmer l'audition ? Dans l'immense majorité des cas, non : la gêne est temporaire. Une perforation du tympan reste possible lors d'un barotraumatisme sévère, d'où l'intérêt de consulter en cas de douleur forte, d'écoulement ou de baisse d'audition qui dure.

À retenir

  • Les oreilles se bouchent surtout à la descente, quand l'air doit rentrer dans l'oreille moyenne par la trompe d'Eustache.
  • Anticiper vaut mieux que réagir : déglutir, mâcher, bâiller dès le début de la descente, et rester éveillé.
  • La manœuvre de Valsalva se fait toujours en douceur ; celle de Toynbee est une bonne alternative.
  • Rhume ou allergie : lavages de nez, et avis du pharmacien avant tout spray décongestionnant.
  • Oreille encore bouchée après plusieurs jours, douleur forte, écoulement ou vertiges : on consulte.