Hoquet qui ne s'arrête pas : causes, remèdes et quand s'inquiéter ?
Hoquet qui dure : pourquoi il se déclenche, les méthodes qui ont le plus de chances de l'arrêter et à partir de quand un hoquet persistant justifie de consulter.
Un « hic » en pleine réunion, puis un deuxième, puis une série qui ne veut plus s'arrêter. Le hoquet est presque toujours anodin, mais il sait être tenace, gênant et franchement agaçant. Chacun a son remède de grand-mère, du verre d'eau bu à l'envers à la frayeur surprise. Certains ont une logique physiologique réelle, d'autres beaucoup moins. Voici ce qui déclenche le hoquet, ce qui a le plus de chances de l'arrêter, et le seuil à partir duquel il ne faut plus le prendre à la légère.
Ce qui se passe quand on a le hoquet
Le hoquet est un réflexe involontaire en deux temps :
- le diaphragme, le muscle en forme de dôme qui sépare le thorax de l'abdomen et commande la respiration, se contracte brusquement ;
- une fraction de seconde plus tard, la glotte (l'ouverture entre les cordes vocales) se ferme d'un coup, ce qui bloque l'arrivée d'air et produit le fameux « hic ».
Ce réflexe est piloté par un circuit nerveux qui passe notamment par le nerf phrénique (qui commande le diaphragme) et le nerf vague (qui relie le cerveau à de nombreux organes, dont l'estomac). Tout ce qui irrite ou stimule ce circuit peut déclencher une crise.
Les déclencheurs les plus fréquents
Dans la grande majorité des cas, le hoquet a une cause banale et passagère :
- manger trop vite ou trop copieusement, ce qui distend l'estomac juste sous le diaphragme ;
- boissons gazeuses et bière, pour la même raison ;
- alcool, qui irrite l'œsophage et l'estomac ;
- aliments très épicés, très chauds ou très froids ;
- avaler de l'air en parlant en mangeant, en mâchant du chewing-gum ou en fumant ;
- émotion forte, stress, excitation, fou rire ;
- changement brusque de température (boisson glacée, sortie dans le froid).
Le reflux gastro-œsophagien est aussi un déclencheur classique, surtout quand le hoquet survient souvent après les repas ou en position allongée. Certains constatent qu'une boisson irritante à jeun aggrave ces troubles, comme on l'explique à propos du café à jeun qui donne mal au ventre.
Les remèdes qui ont le plus de chances de marcher
Soyons honnêtes : aucune méthode ne fonctionne à coup sûr, et les études solides sur le sujet sont rares. Mais la plupart des remèdes efficaces reposent sur deux mécanismes plausibles : augmenter légèrement le gaz carbonique dans le sang, ce qui calme le réflexe, ou stimuler le nerf vague pour « réinitialiser » le circuit.
| Méthode | Comment faire | Mécanisme supposé |
|---|---|---|
| Retenir sa respiration | Inspirer à fond, bloquer 10 à 20 secondes, expirer lentement, recommencer | Hausse du gaz carbonique |
| Boire lentement de l'eau froide | Petites gorgées successives, sans respirer entre elles | Stimulation du nerf vague, rythme de déglutition |
| Avaler une cuillère de sucre | Sucre en poudre posé sur la langue puis avalé | Stimulation de la gorge et du nerf vague |
| Tirer doucement la langue | Tirer la langue vers l'avant quelques secondes | Stimulation de l'arrière-gorge |
| Genoux contre la poitrine | Assis ou allongé, ramener les genoux et les serrer une minute | Compression du diaphragme |
| Respiration lente et profonde | Inspirer par le nez sur 4 temps, expirer sur 6 à 8 temps | Relâchement du diaphragme |
| Boire penché en avant | Boire au verre par le bord opposé, buste penché | Déglutition forcée, concentration |
Le conseil pratique : en combiner deux, par exemple retenir sa respiration puis boire lentement un verre d'eau froide. Et si une méthode marche pour vous, gardez-la : les réponses varient beaucoup d'une personne à l'autre.
Ce qu'on évite
- Respirer dans un sac : la version en papier est parfois conseillée, mais elle n'est pas adaptée aux personnes ayant une maladie cardiaque ou respiratoire. Un sac plastique, jamais.
- Faire peur à quelqu'un : aucune base sérieuse, et pas une bonne idée chez une personne fragile.
- Appuyer fort sur les yeux ou la gorge : ces « astuces » qui circulent peuvent être dangereuses.
Et chez le bébé ?
Le hoquet est très fréquent chez le nourrisson, souvent après la tétée ou le biberon, et il le gêne en général beaucoup moins qu'il n'inquiète ses parents. Il passe tout seul. On peut limiter sa survenue en faisant faire des pauses pendant le repas, en redressant l'enfant et en évitant qu'il avale trop d'air. Les remèdes pour adultes (sucre, respiration bloquée, eau froide) ne s'appliquent pas aux bébés. Un hoquet associé à des régurgitations importantes, des pleurs pendant les repas ou une mauvaise prise de poids mérite d'en parler au pédiatre.
Quand le hoquet devient un signal
La règle est simple : un hoquet ordinaire dure quelques minutes, parfois une heure ou deux. Les médecins parlent de hoquet persistant lorsqu'il dure plus de 48 heures, et de hoquet rebelle quand il se prolonge au-delà d'un mois.
Un hoquet qui dure plus de 48 heures, ou qui revient très souvent, justifie de consulter un médecin. Il peut alors être lié à :
- un reflux gastro-œsophagien ou une autre affection digestive ;
- une irritation du nerf phrénique ou du nerf vague (au niveau du cou, du thorax ou de l'abdomen) ;
- la prise de certains médicaments, dont les corticoïdes ou certains traitements utilisés en anesthésie ou en chimiothérapie ;
- plus rarement, une maladie métabolique, rénale ou neurologique.
Consultez sans attendre, voire appelez les secours, si le hoquet s'accompagne de :
- difficultés à respirer ou à avaler ;
- douleur dans la poitrine ;
- vomissements répétés, douleurs abdominales intenses ;
- troubles de la parole, de la vision, faiblesse d'un côté du corps ou autres signes neurologiques.
Un hoquet persistant a aussi des conséquences propres : il perturbe le sommeil, l'alimentation et peut épuiser. Même sans signe inquiétant, il ne faut pas hésiter à en parler : des traitements existent quand la cause est identifiée.
Prévenir les crises à répétition
Si vous avez souvent le hoquet, quelques habitudes réduisent sa fréquence :
- manger lentement, en mâchant bien et sans parler la bouche pleine ;
- limiter les boissons gazeuses et l'alcool, surtout pendant les repas ;
- éviter les repas trop copieux et le coucher juste après avoir mangé ;
- boire à température modérée plutôt que glacé ;
- apprendre une technique de respiration lente, utile aussi contre le stress, qui est un déclencheur fréquent.
FAQ
Peut-on mourir du hoquet ? Non, le hoquet en lui-même n'est pas dangereux. C'est sa durée anormale ou les symptômes qui l'accompagnent qui peuvent révéler un problème sous-jacent, d'où l'intérêt de consulter après 48 heures.
Pourquoi a-t-on le hoquet après avoir bu de l'alcool ? L'alcool irrite l'œsophage et l'estomac, et les boissons alcoolisées gazeuses distendent l'estomac : deux stimulations du circuit nerveux du hoquet.
Le hoquet peut-il être lié au stress ? Oui, une émotion forte ou l'anxiété font partie des déclencheurs connus, notamment parce qu'elles modifient la respiration et poussent à avaler de l'air. Les techniques pour gérer le stress avant un examen s'appliquent d'ailleurs très bien ici.
À retenir
- Le hoquet est une contraction réflexe du diaphragme suivie d'une fermeture brutale de la glotte.
- Les causes habituelles : repas trop rapide ou copieux, boissons gazeuses, alcool, épices, émotion.
- Les remèdes les plus logiques : retenir sa respiration, boire lentement de l'eau froide, respiration lente, et les combiner.
- Chez le bébé, c'est fréquent et bénin ; pas de remèdes d'adulte.
- Au-delà de 48 heures, ou avec des signes associés (douleur thoracique, difficulté à respirer ou avaler, signes neurologiques), on consulte.